Pourquoi les massifs de fleurs ne sont-ils pas arrosés à Lassay-sur-Croisne ?
La question nous a été posée par quelques habitants. La réponse est finalement assez simple : dans une période où notre ressource en eau atteint des niveaux particulièrement préoccupants, la municipalité fait le choix de préserver l’essentiel.
Avez-vous regardé la Croisne et nos forêts ces derniers temps ?
Il suffit de se promener autour de Lassay pour mesurer ce que les chiffres et les arrêtés préfectoraux peuvent parfois rendre un peu abstrait. La végétation est desséchée, les fougères ont bruni, les sols sont secs et la Croisne, notre petite rivière qui traverse le village, n’est plus par endroits qu’un mince filet d’eau.
Les photos ci-dessous ont été prises à Lassay-sur-Croisne le 22 août. Elles montrent la réalité de notre environnement après des semaines de chaleur et de manque d’eau.
Le site d’État VigiEau vous permet de tout savoir sur la situation de la ressource eau, à Lassay-sur-Croisne, comme dans toute la France.
Le Loir-et-Cher connaît depuis le début de l’été une situation de sécheresse particulièrement marquée. Les restrictions prises par la Préfecture concernent tout le monde : particuliers, entreprises, agriculteurs… mais aussi les communes. Lorsque notre secteur est placé en niveau de crise, l’arrosage des pelouses, massifs, arbres et arbustes est interdit.
Alors oui : les fleurs de Lassay ont soif. Mais elles ne sont malheureusement plus prioritaires.
Le 15 juillet, les élus ont suivi le parcours de l’eau… de la source au robinet
Cette réalité, les élus ont également pu la mesurer très concrètement cet été. Le 15 juillet dernier, les élus de Lassay-sur-Croisne, Gy-en-Sologne et Billy, les trois communes qui composent notre syndicat des eaux, ont visité l’ensemble des installations permettant l’alimentation en eau potable de nos villages.
Pompage, traitement, stockage, distribution… Cette visite a permis de suivre le parcours de l’eau, depuis son captage jusqu’à son arrivée dans nos robinets, et de mieux comprendre tout ce qui se cache derrière un geste devenu tellement banal : ouvrir un robinet et voir l’eau couler. Elle a surtout permis de prendre la mesure de la situation actuelle.
La ressource atteint aujourd’hui un niveau particulièrement critique. À la source de Billy, il est désormais nécessaire de descendre la pompe de plus de 10 mètres pour continuer à capter de l’eau.
Ce n’est ni une formule destinée à faire peur, ni du catastrophisme. C’est une réalité constatée sur le terrain et expliquée aux élus par les personnes qui assurent le fonctionnement de notre réseau d’eau potable.
Et elle soulève forcément une question : jusqu’où pourrons-nous encore descendre si nous ne prenons pas, collectivement, conscience de la nécessité d’économiser notre eau ?
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« Pourtant, ailleurs, certaines communes arrosent… »
C’est une remarque que nous entendons également.
Mais comparer deux communes est plus compliqué qu’il n’y paraît. Elles ne disposent pas nécessairement des mêmes ressources en eau, des mêmes installations, des mêmes espaces à entretenir, ni des mêmes moyens humains et financiers.
À Lassay-sur-Croisne, un seul agent communal assure l’entretien de l’ensemble du village, en plus de ses nombreuses autres missions. Des tournées d’arrosage très tôt le matin ou tard le soir supposeraient donc également des moyens humains dont notre petite commune ne dispose pas.
Mais surtout, lorsque les restrictions préfectorales interdisent l’arrosage des massifs, la commune les respecte. Et au-delà même de l’obligation réglementaire, nous considérons qu’en période de tension importante sur la ressource, l’eau potable doit être réservée en priorité aux usages essentiels.
Entre l’eau des massifs et celle de vos robinets, notre choix est fait
Vous avez pu suivre sur IntraMuros, depuis le mois de juin, les différentes alertes concernant notre ressource : vigilance sécheresse, tensions sur l’alimentation en eau potable, recommandations concernant certains usages puis passage à des niveaux de restriction de plus en plus importants.
Nous savons que les massifs fleuris participent au charme de Lassay. Nous aimons, nous aussi, voir notre village fleuri et accueillant. Mais aujourd’hui, nous devons faire des choix.
Entre de l’eau potable dans les massifs de fleurs et de l’eau potable dans les robinets des Lasséennes et des Lasséens, notre priorité va aux robinets.
Cela signifie que certaines fleurs souffrent, que certains massifs sont moins beaux et que le village paraît peut-être un peu moins fleuri cet été. Nous le regrettons aussi. Mais lorsque notre ressource en eau atteint les niveaux que nous connaissons actuellement, arroser des fleurs avec de l’eau potable ne peut plus être une priorité.
À Lassay comme ailleurs, chaque goutte compte !
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Alors, fini les fleurs à Lassay ?
Bien sûr que non ! 🌼
Ce constat ne signifie pas que Lassay doive renoncer à être un village fleuri. Il nous oblige plutôt à imaginer une autre façon de le fleurir. À compter de septembre 2026, une réflexion sera engagée sur les plantations et les massifs de la commune.
L’objectif sera de privilégier progressivement des végétaux jolis, adaptés à notre territoire et beaucoup moins consommateurs d’eau : davantage de plantes vivaces, des espèces résistantes à la sécheresse et aux fortes chaleurs, des compositions nécessitant moins d’arrosage, un paillage systématique pour toutes les essences plantées…
Nous souhaitons ainsi conserver le charme fleuri de Lassay tout en l’adaptant aux conditions climatiques auxquelles nous sommes désormais confrontés. Continuer à fleurir le village exactement comme il y a dix ou vingt ans, en comptant sur un arrosage régulier pendant tout l’été, n’est tout simplement plus une solution durable.
Notre eau est un bien commun
Il est facile d’oublier la valeur de l’eau lorsqu’elle coule encore de nos robinets. La sécheresse de nos forêts, le niveau de la Croisne et la situation observée cet été au niveau de notre source nous rappellent pourtant combien cette ressource est fragile. Les choix faits aujourd’hui peuvent parfois être visibles : quelques fleurs fanées, un massif moins coloré, une pelouse jaunie.
Ce que nous cherchons à préserver l’est beaucoup moins : une ressource souterraine suffisante pour continuer à alimenter nos trois communes en eau potable.
Alors oui, nous voulons que Lassay reste un joli village. Mais nous voulons surtout que demain encore, lorsque chacun ouvrira son robinet, de l’eau puisse en couler. 💧